dimanche 18 janvier 2015

Sonnet LXV

Johannes Vermeer, La Peseuse d'or, 1662-1665.

Si le cuivre, la pierre, la terre, la mer sans bornes
Meurent tristement malgré leur pouvoir
Comment contre cette rage la beauté peut-elle plaider
Quand elle n’a pour elle que la force d’une fleur?
O comment l’été peut-il souffler son miel
Quand les rochers invincibles ne tiennent pas
Ou que les portes de fer cèdent, que le Temps pourrit?
O pensée pleine de peur, où donc
Le meilleur joyau du Temps pourrait-il reposer
Ou quelle main forte pourrait retenir son pied agile?
Et qui pourrait empêcher ce gaspillage de beauté?
O, personne, sinon ce miracle devant nous
Que dans l’encre noire mon amour peut encore briller.

- William Shakespeare

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