jeudi 15 janvier 2015

Le piège

Alberto GIACOMETTI, L'Homme qui marche (1956)

Je n’ai pas d’avis sur la tuerie des gens
Qu’ils saignent et se noient dans la mort
Et je n’aurai pas une idée plus claire
De ce qui m’attend aux lendemains des nuits

J’ai essayé de tuer le ciel en le fixant
Trop longtemps comme un ennemi
J’ai cueilli des étoiles dans mes mains
Comme un voleur chez un antiquaire

On m’avait promis des explications claires
Et je déchiffre au cours lent des tempêtes
À peine la bouteille qui verse l’esprit noir

Sur la femme qui dort et son sommeil sacré
La reine Mab a la bouche à ras bord de clefs
L’araignée dans sa toile où mes doigts sont collés

15 janvier 2015

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