De quoi ont-ils si peur? De perdre leur temps? De perdre leur vie? Cette vie si chèrement due, cette vie de sacrifices aussi imaginaires qu'illusoires. Jamais ils n'auront la monnaie de leur pièce. Vous allez perdre peu importe, alors à quoi ça sert? Le courage des pleutres est toujours bien vu dans les milieux politiques, comme on a pu le constater en 2005. C'est du courage des désespérés dont nous avons besoin, que ce soit dans la rue ou dans la tête des philosophes. Marchez, pensez à l'avant de ceux qui reculent.
Si nous n'avions pas été si lâches. Ce n'est pas les quelques mottes de slush jetées à la face du président de la FEUQ, en ce printemps doux et boueux de 2005, qui y changeront quelque chose. Nous avons perdu à cette époque avec un mouvement beaucoup plus fort que celui qui se prépare maintenant. Vous devez être deux fois, cent fois plus fous que nous étions. Nous, nous avions la mort du pape pour jeter de l'ombre sur nos âneries. Allez, faites du bruit. Dites à ces moitiés de citoyens que «la magique étude du Bonheur, que nul n'élude», comme le chantait ce maudit écolier modèle d'Arthur Rimbaud, eh bien ce Bonheur se défend à coups de barricades, de bravades et d'audaces, et que ce monde policé à la moelle, où l'on jette en prison les statues qui font le doigt d'honneur aux passants pressés d'aller rejoindre leur bonheur minuté, ce monde nous écœure et nous dégoûte.
Je veux bien, du haut du phallus de l'Université de Montréal, aller crier à pleins poumons : «On égorge les étudiants!»

Ils ont «justement» (aheum) peur de réaliser où est l'illusion, quelle est la perte de temps, ce qu'ils font effectivement comme sacrifice.
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