| Jean-Paul Riopelle, Détail de l'Hommage à Rosa Luxemburg (1992) |
Quand je me couchais sur les vers de Mimnerme,
Je vivais une vie de gaz en canne et de mains crues,
Seul, pas trop loin de mon corps je vagabondais,
Marchais avec l’espoir d’une soudaine forêt en or dans un rêve.
O rose, retombée, assois ton énorme dos végétal;
Débusque le soleil imposteur… dans un rêve d’hiver
Ta tête de rose brillante boude dans la bile du géant doré,
Ah! ma rose, pousse dans la rose sans trêve!
Quand tu plongeas toi-même vers l’Eden
Et fleuris où l’Horloger du Vide s’apaisait,
Ta naissance éparpilla des bouts de nuit écrasée d’un bond,
Dévoilant ma forêt rêveuse.
Oui, l’Horloger, sa chair de roue
et ses os bijoux gaspillés à son réveil,
À la face de Votre Quelque Chose, il s’enfuit
en agitant des moines oublieux dans ses mains inventées.
Le soleil est aveugle de ces échanges en sursauts, le tennis de Vénus
et le court de Mars chantent le grand mensonge du soleil,
Ah! lointaine balle de fourrure, absorbe les éléments;
Sois sûre que les arbres et les montagnes de la terre,
S’élèvent et se retournent contre la vaste immobilité.
Rose! Rose! ma rose effeuillée!
Rose c’est ma main d’un œil visionnaire sur toute la Mystique
Rose c’est ma chaise lucide au milieu des maisons bombardées
Rose ce sont mes patiences électriques dans les yeux, dans les yeux,
Rose mes bajoues en fête
Dalaï-Lama Grand Vizir Glorieux César ma rose!
Quand j’ai entendu la rose crier
J’ai réuni toutes les expériences ratées d’un empire anatomique
et, avec ce rêve chimique, découvert
la loi haineuse de la terre et du soleil, et le cri de la rose à travers.
- Gregory CORSO, Gasoline (1958)
WoW! Du mil pour l'âme.
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